La littérature du XVIe siècle dans le contexte de la Renaissance
La littérature du XVIe siècle dans le contexte de la Renaissance
1) Le contexte socioculturel dans lequel s'inscrit la littérature du XVIe siècle
La Renaissance commence avec les premiers progrès de l'imprimerie, vers 1490, et s'achève avec les guerres civiles et le règne d'Henri IV. C'est une période très riche, où l'évolution du goût et des formes littéraires s'oppose au siècle suivant.
Les guerres de religion
Les guerres de religion représentent le grand cataclysme de la seconde moitié du XVIe siècle. Elles opposent les catholiques et les protestants. Elles commencent avec le massacre de Wassy en 1562 et se terminent avec l'édit de Nantes, qui accorde aux protestants la garantie d'impartialité judiciaire, la liberté de culte et la sécurité.
L'esprit nouveau
La civilisation française traverse une crise. D'un côté, l'enthousiasme de la foi se prend ; d'un autre côté, la religion reste figée dans un ensemble de rites ; d'autre part, les théologiens vont rompre le contact direct avec les textes sacrés.
La révélation de la Renaissance italienne
Les origines de ces guerres : Charles VIII (fin du XVe siècle), Louis XII (fin du XVe siècle) et François Ier (XVIe siècle). Ils vont connaître ces nouvelles idées à la cour des Médicis, à la cour des ducs de Ferrare et d'Urbin. Les grands seigneurs français, lorsqu'ils arrivent en France, vont adopter ce style de vie.
Les courants spirituels et philosophiques
L'évangélisme
L'évangélisme est, sur le plan spirituel, la conséquence directe du grand mouvement de redécouverte des textes et des langues de l'Antiquité. Il consiste en l'accès direct au texte originaire de l'Évangile et du Nouveau Testament. Ainsi, les évangélistes attaquent les pratiques des indulgences, dénoncent l'ignorance et la corruption du clergé, le pouvoir temporel du pape ou les normes de la vie monastique.
La Réforme
La Renaissance, au XVe-XVIe siècle, est aussi le temps du poète italien Marsile Ficin, qui va développer cette théorie. Il réalise une lecture chrétienne du philosophe athénien Platon. Ficin considère l'amour comme une volonté de transcender le corporel et le transitoire, avec pour finalité d'atteindre l'idéal et l'éternité.
L'humanisme
L'humanisme place l'homme au cœur de sa réflexion et de toutes ses préoccupations intellectuelles. L'accent est mis sur la dignité de l'homme plus que sur la chute et sur le péché.
La Pléiade
L'apparition du groupe est liée à une série de rencontres : Jacques Peletier du Mans connaît Pierre de Ronsard, qui est ami d'Antoine de Baïf, et son précepteur est Jean Dorat. Pierre de Ronsard et Joachim du Bellay vont se connaître en 1547. Lorsque Jean Dorat est nommé principal du collège Coqueret, tout ce petit groupe décide de le suivre et d'aller au collège Coqueret ; Jodelle et Bellay, qui venaient du collège Boncourt, vont également suivre ces poètes. Thomas Sébillet publie l'Art poétique, dans lequel il exprime ses idées théoriques sur la création d'une nouvelle poésie française, et donne comme modèle à suivre Marot. Cela provoque une réaction dans ces groupes de poètes, car ils considèrent qu'il faut effectivement renouveler la poésie française, mais qu'il ne faut pas prendre Marot comme modèle. C'est alors qu'ils vont réagir avec la Défense et illustration de la langue française.
Une affirmation
Le poète s'affirme comme un travailleur indépendant et revendique l'autonomie de son art. La poésie possède en soi-même sa dignité et ne pourra jamais être subordonnée à des intérêts courtisans.
Une idéologie de modernité et de progressisme
Le ressourcement à l'Antiquité et l'importation des modèles culturels de l'Italie sont la base de leur optimisme. Ils vont mettre en avant la théorie du profit littéraire, appliquée au capital culturel. Ils considèrent que l'imitation n'est pas une simple reproduction.
Une affirmation d'un nationalisme culturel
La Pléiade accorde un rôle très important à la formation de la langue française. Elle considère que si la langue française n'a pas encore créé une poésie éternelle, c'est parce que la langue n'a pas encore suffisamment évolué.